Comment la neuropédagogie influence-t-elle l’apprentissage ?

La neuropédagogie est une discipline constituée de manière systémique mêlant différents domaines tels que la pédagogie, la psychologie, la biologie et les neurosciences. Selon Stanislas DEHAENE, psychologue cognitiviste et neuroscientifique, auteur de Apprendre !, l’apprentissage repose sur quatre piliers fondamentaux : l’attention, l’engagement, le feedback et la consolidation.

Les fondements de la neuropédagogie

L’attention correspond au « mouvement cérébral qui va nous permettre d’orienter notre action en fonction d’un objectif » comme l’expliquent Audrey AKOUN, thérapeute cognitivo–comportementaliste, et Isabelle PAILLEAU, psychologue clinicienne du travail et des apprentissages, dans La pédagogie positive. Cependant, le temps d’attention de l’apprenant est limité c’est pourquoi, afin d’éviter le décrochage, il est préférable de proposer des formations courtes, d’instaurer des pauses ou d’impliquer l’apprenant. En effet, l’engagement de l’apprenant dans sa formation est primordial. La neuropédagogie a prouvé que l’apprenant s’impliquait plus dans sa formation lorsqu’il y trouvait un intérêt personnel. C’est à ce moment que le feedback intervient dans la mesure où l’apprenant peut alors tenir compte de ses erreurs et les prendre en compte. Il se trouve que plus le retour est proche, plus l’action corrective sera efficace. Les neurosciences indiquent qu’en matière de pédagogie les erreurs et les incertitudes sont indispensables à l’apprentissage. Le feedback peut alors jouer un rôle de motivation positive en proposant des encouragements ou un système de récompenses par exemple. L’adaptive Learning est une autre solution pour impliquer davantage l’apprenant au cœur de sa formation. Celle-ci étant personnalisée en fonction des connaissances et des lacunes de l’apprenant, ce dernier peut y voir un intérêt personnel et son engagement dans la formation sera alors actif, position favorable à l’apprentissage. Enfin, afin d’éviter que les connaissances acquises ne relèvent que de la mémoire immédiate il est nécessaire de consolider les nouveaux acquis en les automatisant à l’aide de répétitions et d’entrainements. De cette manière, l’apprenant peut libérer de l’espace dans le cortex préfrontal pour recevoir de nouvelles informations à apprendre.

L’émotion d’apprendre

Patricia Wolfe, docteur en sciences de l’éducation aux Etats-Unis, a mis en évidence le rôle des émotions dans le cerveau dans son livre Brain Matters. La neuropédagogie place les émotions de l’apprenant au cœur de sa formation. Parfois, les émotions négatives comme le stress, la peur ou l’angoisse peuvent décourager l’apprenant. D’autres émotions en revanche prédisposent à l’apprentissage en stimulant l’apprenant. La curiosité, l’envie, la sympathie et le domaine affectif de manière plus générale créent la volonté d’apprendre et rendent l’apprentissage plus efficace. Pour une de nos formations par exemple nous avons choisi de reconstituer un journal télévisé afin de créer un sentiment de peur et d’urgence tout en mettant l’apprenant au cœur d’une situation potentielle avant de lui présenter les bonnes pratiques à adopter en cas de situation critique. L’apprenant se sent alors directement concerné et est donc dans le besoin d’apprendre les règles qui sauvent.

Susciter l’émotion permet de stimuler l’apprentissage, cependant il existe trois profils distincts d’apprentissage faisant appel à différents sens. La neuropédagogie distingue l’apprentissage visuel, l’apprentissage auditif et l’apprentissage kinesthésique, lorsque l’apprentissage se fait par l’action et la répétition. Un des avantages du e-learning est de mobiliser ces trois profils ; Afin d’optimiser l’efficacité des modules, les mots-clés sont présents sur un support visuel tandis qu’une voix off les explique en développant les thèmes et les notions abordés. Les éléments graphiques sont alors renforcés par la narration comme l’a démontré le professeur Richard MAYER de l’université de Californie.

Comment créer l’émotion en évitant la surcharge cognitive ?

Néanmoins le risque est de perdre l’attention de l’apprenant. Visuels, narrations et autres mises en situation faisant appel aux sens doivent se faire harmonieusement de façon à éviter la surcharge cognitive. L’esthétisme du visuel peut créer une émotion positive chez l’apprenant cependant les graphiques et autres schémas se doivent d’être aussi allégés et concis que possible afin de focaliser un maximum de l’attention de l’apprenant. Enfin, comme dit précédemment, il est nécessaire de faire des formations courtes ou de mobiliser régulièrement l’apprenant par l’intermédiaire d’interactions afin de recentrer son attention.

D’autre part, les connaissances nouvellement acquises se situant dans la mémoire de travail également appelée mémoire à court terme. Pour ancrer les connaissances de manière durable la formation doit être prise en compte sur la durée. En effet, une nouvelle habitude se crée en 21 jours. C’est pourquoi l’automatisation de nouvelles connaissances nécessite du temps. Le micro Learning est alors idéal pour remobiliser les compétences de manière régulière sans pour autant que le format soit contraignant. Ces formations très courtes de quelques minutes à peine peuvent s’effectuer dans la continuité d’un module e-learning ou d’une formation en Blended Learning.

La neuropédagogie a mis en avant le lien entre les prédispositions cognitives de l’apprenant et le déroulement de son apprentissage afin d’optimiser l’efficacité d’une formation. Le e-learning prend en compte différents critères de la neuropédagogie en les intégrant aux modules de manière à ce que l’apprenant devienne acteur de sa formation et puisse automatiser les informations apprises.